Qui sauvera la Civilisation du capitalisme ?
La crise que traverse le capitalisme occidental n’est pas seulement une crise économique mais plus profondément une crise de la civilisation du capitalisme qui succéda à Rome. Sortir de la crise oblige à résoudre des questions qui dépassent l’économie et dont paradoxalement seuls les chefs d’entreprises sont aujourd’hui capables.
Lire l’article paru dans la Revue RH&M de janvier 2010: RH&M Capitalisme et christianisme
Fréquence Protestante « Parcours sociologique »
Philippe Arondel recevait Didier Long ce samedi 09 janvier pour son livre Capitalisme et Christianisme, 2000 ans d’une tumultueuse histoire, de 17h15 à 18h
Il te faut gravir la montagne de ton âme
Mon ami Jean-Louis Rambaud a été emporté par une avalanche aux Arcs, il y a trés exactement une semaine, heure pour heure. Le soleil était à son midi sur la neige.
Je vous propose cette homélie que j’ai prononcée hier lors de la messe des funérailles en sa mémoire. Un millier de personnes étaient là témoignant de ces milles liens que Jean-Louis avait su tisser avec chaleur, sympathie et simplicité.
Il neigeait. Nous l’avons mis en terre au son du Cante jondo flamenco en lui offrant des fleurs blanches. Le chemin continue.
Les circonstances du drame : sur le site de l’Express
« Je voudrais qu’on écrive ce que je vais dire, que mes paroles soient gravées sur le bronze avec le ciseau de fer et le poinçon, qu’elles soient sculptées dans le roc pour toujours :
Je sais, moi, que mon libérateur est vivant, et qu’à la fin il se dressera sur la poussière des morts ; avec mon corps, je me tiendrai debout, et de mes yeux de chair, je verrai Dieu.
Moi-même, je le verrai, et quand mes yeux le regarderont, il ne se détournera pas. »
Le livre de Job, chapitre 19.
Avalanche de Leonard Cohen, parfois la poésie habille la peine
Le débiteur insolvable… par Augustin d’Hippone
Dans la « Lettre 192 » adressée au diacre Célestin par Saint Augustin en 418 une petite méditation en cette période de » Crise et chatiment » :
’amour est une dette qui ne s’efface pas : une fois payée, on en reste toujours débiteur. On a beau s’en acquitter, on la doit encore ; quand on l’a payée, on en est toujours redevable.
C’est quelque chose qu’on ne perd pas en la rendant, mais qui redouble en quelque sorte par cette restitution même, car pour payer de retour l’affection des autres, il faut en avoir également, ce qu’on ne peut faire qu’en possédant soi-même un même fond d’amour.
C’est un sentiment qui grandit au plus profond de l’homme, à mesure qu’il le manifeste, et qui devient d’autant plus grand, que davantage de personnes en sont l’objet. Or, comment pourrait-on ne pas avoir d’amour pour ses amis, alors qu’on en doit même à ses ennemis ? Seulement envers les ennemis, c’est un devoir qu’on remplit avec de multiples précautions, tandis qu’envers des amis, on le remplit en toute sécurité. […]
Il n’en est donc pas de l’amour comme de l’argent. Plus on dépense d’argent, plus il diminue ; mais plus on dépense d’amour, plus il augmente. Il y a encore cette différence : nous aimons d’autant plus ceux à qui nous donnons de l’argent, que nous avons moins la pensée de la leur redemander un jour ; tandis que dans les largesses de l’amitié, on exige autant qu’on donne. […]
C’est pourquoi, frère, je suis heureux de te rendre cette amitié que tu as pour moi. Ces sentiments que je reçois de toi, je te les redemande encore, et ce que je te rends, je te le dois toujours.
Les pierres sauvages

Le Thoronet
Un petit extrait pour donner envie de relire le magnifique ouvrage de Fernand Pouillon Les pierres Sauvages, (Seuil 1964), de circonstance en ce jours de frima.
Dimanche de l’Oculi
La pluie a pénétré nos habits, le gel a durci le lourd tissu de nos coules, figé nos barbes, raidi nos membres. La boue a maculé nos mains, nos pieds et nos visages, le vent nous a recouverts de sable. Le mouvement de la marche ne balance plus les plis glacés sur nos corps décharnés. Emportés dans le crépuscule blafard d’un hiver de mistral, précédés de nos ombres démesurées, nous apparaissons tels trois saints de pierre. Nous marchons depuis des semaines. Par la vallée du Rhône nous atteignons Avignon, puis Notre-Dame-de-Florielle dans la diocèse de Fréjus, sur les terres de mon cousin Raymond Béranger, comte de Barcelone. En ce cinq mars onze cent soixante et un, trentième année de mon arrivée à Cîteaux, je suis chargé de construire un monastère, j’en ai reçu l’ordre de notre abbé.
A quelle(s) condition demain pourra-t-il être meilleur qu’aujourd’hui?
La prière d’un businessmoine… du XIème siècle
Je ne résiste pas au plaisir de vous transmettre ce petit texte d’un moine du XIème siècle (en cette veille de shabbat!) :
Allons, homme chétif !
il est temps de fuir un peu tes préoccupations.Dérobe-toi, pour une fois, au tumulte de tes pensées,
Rejette à cette heure les soucis pesants
et remets à plus tard les affaires laborieuses.Consacre à Dieu, ne serait-ce que pour une faible part,
ton activité, et repose-toi en Lui.Descends dans le secret de ton âme, bannis-en toute chose
hormis Dieu et ce qui peut t’aider à le chercher,
et la porte close, cherche-le.
Anselme de Cantorbéry (1033-1109)
La grande illusion: n’attendons pas du capitalisme qu’il se moralise de lui-même
Réconcilier vertu et économie, amener les mécanismes financiers à davantage de transparence et moins de cupidité… La perspective est tentante. Mais peut-on réellement croire en la capacité de la crise à moraliser le système capitaliste de l’intérieur ? Un article de Caroline Castets dans le Nouvel Economiste.
Capitalisme et christianisme, discussion avec Thierry Crouzet
Nous nous sommes rencontrés avec les blogueurs Thierry Crouzet (qu’on ne présente plus dans la blogosphére!)du blog « le peuple des connecteurs« , Isabelle et phyrezo ce samedi dans un café à Montparnasse pour partager autour des idées développées dans « Capitalisme et christianisme »
Voici quelques uns des thèmes débattus avec passion !
Avant-première : feuilletez « Capitalisme et christianisme » sur Calaméo
L’hypercapitalisme né dans les années 80 s’écroule sous nos yeux. Enrichissant les riches et ne laissant aux plus pauvres que les miettes du festin il fonctionnait sur un espoir d’hyperconsommation des classes moyennes, à l’infini. La vie à crédit, devait financer la bulle. Le crack du crédit en 2008, brusque retour à la réalité, a brisé ce rêve.
Il n’est pourtant pas inévitable que la « Civilisation du capitalisme » se termine dans le chaos. Car cette civilisation, née du rêve d’égalité des citoyens d’Athènes que les stoïciens vont étendre à l’humanité tout entière, va fusionner avec l’utopie fraternelle juive et apparaître concrètement dans les monastères au moyen âge. Ces premières ‘World companies’ seront les premières sociétés de production capitalistes, des pauvres volontaires partageant la richesse de manière égalitaire. Au XIIIe siècle, les ordres mendiants nés avec les villes en pleine expansion, épouseront à leur tour ‘dame pauvreté’. Ils seront les premiers théoriciens de l’économie moderne, réfléchissant à la manière de mettre la richesse au service du bien commun. Contrairement à ce qui est souvent dit, cette période du Xe-XVe siècle voit en occident un accroissement constant de la richesse par habitant sans précédent depuis Rome.
La révolution industrielle portée par l’ « esprit du capitalisme » de la Réforme, la liberté d’entreprendre et les Lumières poursuivra cet élan. L’idéal de liberté, d’égalité et de fraternité chrétienne est donc fondatrice de la Civilisation du capitalisme. Sans le judéo-christianisme ces valeurs n’existeraient pas. La naissance d’une classe moyenne et de corps politiques intermédiaires est le fruit de l’enrichissement généralisé produit par le capitalisme. A la lumière de cette histoire, la cupidité et le cynisme n’ont rien à voir avec la Civilisation du capitalisme. L’hypercapitalisme n’en est que la perversion. Si nous voulons sauver la démocratie et réinventer un capitalisme à visage humain, nous devons donc répondre à une seule question : « A quoi croyons nous ? ». La fraternité ou l’argent ?




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